J'ai perdu le fil de mes pensées à trop vouloir écouter les autres. J'ai cessé de parler le jour où l'on m'a dit que je n'etais pas celle que je pretendais etre. Avais-je simplement envie de leur prouver ? Je ne sais pas. L'hiver à fait son chemin et je pense au jour où il sera enfin possible de se montrer. Les bras nus, levés vers le ciel, pour envisager une seconde que je pourrais me perdre dans les nuages.
Il y a un creux minuscule dans ma poitrine, un creux qui a grandi comme par érosion, à cause des larmes, un cratère maintenant, qui ronge de plus en plus ma chair, jusqu’à ce que je devienne ce trou. Et elles parlent et elles disent, Ne le regarde pas. Ne le regarde pas. Mais le trou SAIT. Il n’a pas besoin de mes yeux. D’ailleurs, ils y sont déjà presque noyés, et je ne vois plus ce que je semble regarder. Je suis un gouffre, je suis sans fond, je suis sans toi, j’ai rêvé être consolée, parce que tu m’as souri, ou j’ai rêvé que tu souriais, ou j’ai rêvé que tu étais là, j’ai oublié, le trou n’a plus de mémoire, je suis le trou, je suis orpheline. Juste un visage qui reste, un regard, un espace, contre toi, le but à atteindre ma maison, l’endroit où je vis, le seul. J’aurais dû n’oublier que cela, et ce sont les seuls souvenirs qu’il me reste.
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